Au cœur de la côte nord de l’Espagne, où la mer Cantabrique lutte sans relâche contre les rochers, se révèle un paysage qui semble tout droit sorti d’un rêve préhistorique.
Il s’agit de la Costa Quebrada, une région sauvage érodée par le temps, qui vient de recevoir une reconnaissance à la hauteur de sa nature spectaculaire : son inclusion au sein du Réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO, devenant le premier géoparc mondial dans l’histoire de la Cantabrie.
Cet accomplissement met en valeur non seulement son impressionnant patrimoine géologique, mais également les efforts conjoints de scientifiques, d’institutions et de communautés locales pour protéger et faire connaître ce paradis naturel.
Où se trouve la Costa Quebrada et qu’est-ce qui la rend unique ?
La Costa Quebrada s’étend sur plus de 20 km entre la baie de Santander et Puerto Calderón, à Santillana del Mar. Son nom, qui fait allusion à la fragmentation spectaculaire du littoral, est le reflet fidèle de son apparence : falaises taillées au couteau, îlots qui émergent de la mer, plages isolées et rochers qui semblent émerger du fond de l’océan pour raconter des histoires d’il y a plusieurs millions d’années.

La diversité géologique de la région est immense. Ici, on peut trouver des strates datant de l’ère mésozoïque parfaitement visibles, des formations karstiques, des plateformes d’abrasion marine, des grottes fossiles, et même des traces de vie marine préhistorique. Ce « livre ouvert de la Terre » permet de lire dans ses pages naturelles les conséquences de la tectonique des plaques, de l’érosion, des changements climatiques et du passage des ères.
Un nouveau statut mondial : le Géoparc de l’UNESCO
Le 24 avril 2025, après plusieurs années de travaux scientifiques et de coopération institutionnelle, la Costa Quebrada a été officiellement intégrée au Réseau mondial des géoparcs lors de la 221e session du Conseil exécutif de l’UNESCO. Ce label de prestige international reconnaît non seulement la valeur géologique d’un territoire, mais également sa contribution active à l’éducation, à la science et au développement durable.
Costa Quebrada vient ainsi s’ajouter à un groupe restreint de territoires dans le monde qui misent sur un tourisme qui ne détruit pas, mais protège ; qui n’appauvrit pas, mais enseigne ; qui n’oublie pas, mais évoque.
Pourquoi visiter la Costa Quebrada ?
1. Un musée naturel en plein air
Peu d’endroits offrent la possibilité de se balader le long de strates géologiques inclinées qui émergent de la mer comme s’il s’agissait d’un accordéon rocheux. Ici on peut observer des processus qui, habituellement, ne sont expliqués que dans les livres de géologie. Chaque balade sur la Costa Quebrada est un cours magistral sur la façon dont la Terre a évolué depuis 240 millions d’années.
2. Beauté sauvage et biodiversité
La Costa Quebrada, ce n’est pas seulement des rochers, c’est aussi la vie. Parmi ses zones humides, ses prairies côtières, ses plages et ses dunes se développe une biodiversité impressionnante. Le Parc naturel des dunes de Liencres, qui abrite des oiseaux migrateurs, des espèces végétales uniques et des pinèdes maritimes qui se fondent dans le sable doré, se distingue.

3. Culture ancestrale
Dans cette région, l’on trouve également des joyaux de notre passé le plus lointain : la grotte du Pendu, également inscrite au Patrimoine mondial de l’Humanité, et Peñajorao, avec ses peintures rupestres, nous racontent les premiers humains qui ont peuplé cette région et qui déjà, comme nous, étaient fascinés par la force de la mer et les rochers.
4. Sous la bannière du développement durable
Le Géoparc de la Costa Quebrada est basé sur un modèle de développement qui intègre l’éducation environnementale, la participation citoyenne, des activités touristiques respectueuses de l’environnement et une science accessible. Le visiter, c’est miser sur une manière différente de voyager, plus consciente et connectée avec l’environnement.
Sites incontournables à découvrir
- Playa de La Arnía : L’un des sites emblématiques du géoparc. Sa passerelle naturelle de roche, ses falaises verticales et son environnement sauvage en font un site incontournable.
- Playa de Covachos : Une petite étendue de sable sauvage où un îlot relie la terre ferme à marée basse. Idéal pour un pique-nique paisible avec une vue inoubliable.
- Falaises de Tagle : à marée basse, d’ici, l’on peut observer le géoparc avec une vue dégagée.

- Pozo Tremeo : Un lac caché parmi les bois, déclaré zone naturelle d’intérêt spécial. Quiétude, fraîcheur et mystère se mêlent dans ce recoin magique.
- Points de vue de la Costa Quebrada : Le long du sentier côtier, vous trouverez des emplacements stratégiques pour vous arrêter et observer la manière dont la mer et la terre dialoguent depuis des millénaires.
Recommandations pratiques à l’intention du voyageur curieux
Quand s’y rendre ?
La meilleure période pour visiter la Costa Quebrada est au printemps et à l’automne. Les températures sont agréables, les journées sont plus longues et il y a un nombre restreint de visiteurs. L’été est également exceptionnel, mais il faut se lever tôt pour éviter les foules et trouver facilement une place de stationnement.
Comment s’y rendre ?
La Costa Quebrada est située à moins de 20 minutes en voiture de Santander. Consultez le site web du géoparc pour découvrir quelles sont les meilleures communes à visiter et comment vous y rendre.
Activités recommandées
- Randonnée : Les sentiers balisés le long de la côte permettent de se balader entre falaises et plages avec une vue spectaculaire.
- Visites guidées géologiques : Idéales pour approfondir l’histoire et mieux comprendre ce que vous voyez.

- Observation des oiseaux et photographie de la nature : N’oubliez pas vos jumelles ou votre appareil photo.
- Kayak et plongée : Explorez la côte sur l’eau et découvrez la face cachée de la Costa Quebrada.
Costa Quebrada n’est pas seulement un lieu à visiter : c’est un endroit où l’on vit, où l’on apprend, où l’on ressent et où l’on se souvient. Chaque formation rocheuse, chaque falaise et chaque vague qui déferle sur la côte témoigne d’un temps profond, d’une Terre qui a su s’adapter et survivre.