Dans un recoin inattendu de la Méditerranée, où le bleu de la mer se devine entre crêtes rougeâtres et pinèdes ondulantes, se trouve un paradis qui n’est pas désert, même si cela en a l’air.
Le Parc naturel du Désert de les Palmes, situé à proximité de Castellón et Benicàssim, est bien plus qu’un ensemble de sentiers : c’est un refuge pour l’âme, un sanctuaire de nature, d’histoire et de spiritualité qui invite à se déconnecter… ou à se reconnecter, selon la perspective.
Ce parc de près de 3200 hectares est l’un de ces endroits qui semblent être doté d’une énergie particulière. Ici, les chemins ne vous mènent pas seulement d’un point à l’autre, mais également vers l’intérieur. Nous allons le parcourir ensemble, étape par étape, pierre par pierre, pour découvrir la raison pour laquelle ce lieu magique devrait figurer sur la liste de votre prochaine escapade.

Un « désert » qui n’est pas aride, mais sacré
La première chose qui étonne du Désert de les Palmes, c’est son nom : il ne s’agit pas d’un désert, du moins pas au sens climatique. Le terme « désert » fait référence à la retraite spirituelle que les moines carmélites initièrent ici au XVIIe siècle. Ils étaient venus chercher la solitude, le silence et l’élévation spirituelle… et l’avaient trouvée dans ces montagnes paisibles, couvertes de palmiers (les « palmes ») et d’une végétation qui défie tous les clichés concernant l’aridité méditerranéenne.
Aujourd’hui encore, les ruines de l’ancien couvent carmélite, dévasté par un tremblement de terre en 1783, et le nouveau monastère, toujours habité par l’ordre, entretiennent cet esprit. Il n’est pas rare de croiser des visiteurs silencieux, marchant avec respect, comme si l’histoire se murmurait entre les murs de pierre et les cyprès.
Des sentiers de randonnée pour le corps et l’esprit
S’il y a quelque chose qui définit le Désert de les Palmes, c’est son réseau de sentiers. Il y en a pour tous les niveaux, mais ils ont tous un élément en commun : une vue à couper le souffle et une ambiance qui invite à la tranquillité.
- Le sentier qui mène au Bartolo (729 m) est incontestablement la plus emblématique. Le Pico Bartolo, surmonté d’une énorme antenne et d’un petit ermitage, est le point culminant du parc. De là, par temps clair, on aperçoit la mer, les îles Columbretes, le cabo de Oropesa et, à l’intérieur des terres, la sierra de Espadán. L’ascension n’est pas difficile, mais elle requiert une bonne forme physique. On peut la démarrer depuis le collado de La Mola, à Benicàssim, ou depuis le Desierto Viejo. La récompense se trouve sur le chemin : papillons, pistachiers lentisques, fougères, et au printemps, une symphonie de fleurs sauvages.

- Le parcours de les Santes relie le parc à la mer, en traversant des ravins et des pinèdes jusqu’à l’ermitage de Les Santes, un joyau caché entre les chênes-lièges. Cet itinéraire est idéal si vous recherchez la tranquillité, loin des parcours les plus fréquentés, et parfait pour un pique-nique dans un environnement presque mystique.
- Pour quiconque préfère les balades plus tranquilles, le chemin du Castell de Montornés permet de découvrir les ruines d’une fortification médiévale entre les arômes de thym et de romarin. Un plan idéal au coucher du soleil.
Spiritualité entre les pierres et le ciel
Il n’est pas nécessaire d’être croyant pour percevoir la charge spirituelle du Désert de les Palmes. Il y a quelque chose dans le silence, dans la façon dont la lumière se reflète entre les pins, dans le bruit du vent contre les feuilles, qui invite à s’arrêter, regarder, respirer. De nombreux randonneurs affirment se sentir « revigorés » après une randonnée ici. C’est peut-être dû à l’air pur, au paysage… ou à autre chose.
Les moines carmélites ont choisi cette enclave parce qu’ils pensaient que la nature était le meilleur environnement pour se rapprocher de la transcendance. Aujourd’hui, cette philosophie est toujours vivante dans chaque recoin du parc. Certains visiteurs le parcourent comme s’il s’agissait d’un petit Chemin de Saint-Jacques, avec des pas lents et un objectif clair : se déconnecter du monde numérique et se reconnecter à un monde plus naturel et profond.

Un balcon géologique face à la Méditerranée
Le Désert de les Palmes n’est pas seulement vert. Il est également rouge, ocre, violet. Ses terres sont constituées de matériaux très anciens, datant de plus de 200 millions d’années, et cela se voit. Les paysages changent de tonalité à chaque pas, comme s’il s’agissait des coups de pinceau d’un artiste nerveux.
Cette richesse géologique en fait également une salle de classe en plein air : des strates de grès rouge aux formations volcaniques et calcaires, tous les éléments à l’intérieur du parc évoquent le passage du temps et l’histoire complexe de la terre. Pour les amateurs de géologie ou tout simplement des paysages surprenants, c’est un véritable plaisir pour les yeux.
Comment s’y rendre, quand y aller et ce qu’il faut emporter
L’un des grands avantages du Désert de les Palmes est son accessibilité. Il est situé à seulement 20 minutes en voiture de Castellón, et peut également être facilement rejoint depuis Benicàssim. Il y a des parkings à différents endroits du parc et plusieurs accès balisés.
- Meilleure période pour s’y rendre : Le printemps et l’automne sont idéaux, avec des températures douces et une floraison plus importante. En été, il convient d’éviter les heures centrales de la journée.
- Ce qu’il faut emporter : des chaussures de montagne confortables, beaucoup d’eau (il n’y a pas de fontaines sur les sentiers), quelque chose à manger si vous prévoyez d’y passer la journée, une casquette, de la crème solaire… et une grande envie de vous laisser surprendre.
- Recommandation supplémentaire : consultez les itinéraires sur le site des parcs naturels de la Generalitat Valenciana ou dans les offices du tourisme de Castellón et Benicàssim. Des visites guidées, des activités pour les familles et des programmes spéciaux sont organisés à certaines dates.

Une escapade qui transforme
Vous ne le remarquerez peut-être pas au début. Peut-être arriverez-vous au Désert de les Palmes dans l’espoir d’une belle balade parmi les pins. Mais à la fin de la journée, lorsque vous regarderez en arrière depuis un belvédère quelconque, ou tandis que vous reprendrez votre souffle sous un chêne isolé, vous comprendrez que ce parc offre beaucoup plus qu’une randonnée.
Il offre le silence dans un monde bruyant. Un horizon dans un monde pressé. Une beauté sans filtres ni likes. La spiritualité, oui, même pour ceux qui ne la recherchent pas.
Le Désert de les Palmes ne se conquiert pas : on y marche, on y respire… et on l’apprécie.